Thésaurisation monétaire

Au Maroc, la masse monétaire a augmenté tellement vite au cours de la dernière décennie que, depuis 2005, elle a surpassé le produit intérieur brut (PIB) aux prix courants. A ce sujet, il y a lieu de rappeler que, dans des pays, tels les États-Unis d'Amérique, dont les dirigeants n'ont pas eu recours après la deuxième guerre mondiale à une inflation très galopante pour développer la production et la consommation,  le rapport est inférieur à 100%. 

 Dans le jargon du Fonds Monétaire International, on utilise les sigles M1, M2 et M3 pour désigner trois catégories d’agglomérats de monnaies. Dans une communauté de paiements, M1 englobe la monnaie légalement utilisable directement et sans transformation préalable comme moyen de paiement, c’est-à-dire la monnaie fiduciaire (billets de banque et pièces de monnaie métallique en circulation) et la monnaie scripturale (dépôts à vue mouvementés par chèques et virements). M2 comprend M1 plus les dépôts sur livret, qui ne sont disponibles qu’après transformation en monnaie fiduciaire ou scripturale. Finalement M3 représente toute la masse monétaire et inclut M2 plus les emplois à terme sous forme de comptes, titres et certificats de dépôt bancaires.

  Sauf en 2002 où il a atteint 2,8%, l’accroissement annuel de l’indice officiel du coût de la vie a été au Maroc inférieur à 2% depuis la fin du XXème siècle. Or, même si l'inflation s’était située au niveau de ce qu’elle était il y a une quinzaine d'années, le PIB aux prix courants n'aurait pas augmenté aussi rapidement que l'agrégat m3. La sensible diminution du pourcentage de M3-M2 par rapport à M3, qui est passé de 27,8% à 21,3% pendant la période 1998-2005, incite à penser qu’une partie de M1 a été destinée au cours de la dernière décennie à la thésaurisation et n’a  pas eu d’incidence inflationniste sur l’économie.

N'oublions pas que de nombreux Marocains sont habitués à thésauriser. Jadis, ils gardaient chez eux des monnaies d'or et d'argent et, après la deuxième guerre mondiale, des dollars américains en billets de banque. D'ailleurs, il n'est pas exclu qu'une partie des 417 millions  billets de 500 euros émis jusqu'à la fin du mois de janvier dernier par la Banque Centrale Européenne ait traversé le détroit de Gibraltar. Elle l'aurait fait pour remplacer des dirhams marocains thésaurisés.

Voici en quelques mots l’objet de l’article que, sous le titre « La thésaurisation de la monnaie a-t-elle augmenté au Maroc ? » et en langue arabe, est reproduit dans ce site depuis le 19 mars 2007

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